Les 12 candidats de la 2e phase du Concours

Découvrez les 12 candidats retenus pour la 2e phase du 17e Concours qui se déroulera du 27 au 31 octobre 2026 à Orléans.

Retour à la page Candidats 2026

 

Biographie

Née en 2003 à Guangzhou en Chine, Athena Deng a étudié le piano à l’Oberlin Conservatory dans les classes de Dang Thai Son et Stanislav Ioudenitch, où elle a obtenu son “Bachelor of Music”. Elle prépare actuellement un Master of Music degree sous la direction de Dang Thai Son au New England Conservatory of Music. Lauréate de plusieurs prix, elle a notamment remporté les premiers prix du Concours international de piano Virginia Waring, du Concours canadien de piano Chopin, du Concours Chopin de la Fondation Kosciuszko et du Concours international William Knabe. Elle se produit régulièrement en concert au Canada et aux Etats-Unis et réside actuellement à Boston (Etats-Unis). Son intérêt pour la musique contemporaine découle du sound design dans le cinéma d’avant-garde, ainsi que d’œuvres électroacoustiques qui repoussent les possibilités du piano en tant qu’instrument.

Note d’intention 1ère Epreuve

Mouvement
Cette épreuve explore les interprétations et les imaginaires du mouvement au travers du son. Le Prélude créé un effet de scintillement, de miroitements sporadique dans une  obscurité immense, tandis que la répétition du do#-ré est d’une omniprésence menaçante. L’atmosphère change très légèrement et une présence invisible se fait intensément ressentir dans le calme momentané de Blessed Are Those Who Have Not Seen and Yet Have Believed. Dans l’Etude Op. 65 No.3 qui suit, le caractère alterne entre des sauts dansants et des gestes grandioses, et nous avons à peine le temps de reprendre notre souffle avant que “Vertige” ne s’engouffre au coeur d’une spirale chromatique étourdissante dans ce qui semble être l’éternité. Puis, La Valse apparaît, les jupes des danseuses s’éloignent en tournoyant pendant que le sol se désintègre, et tout ce qui reste à la fin est la froide, l’implacable et la mécanique: Toccata.

Programme 1ère Epreuve

Kaija Saariaho, Prelude (2006)
Zekun Ji
Blessed Are Those Who Have Not Seen and Yet Have Believed (2026),
André Chevillion – Yvonne Bonnaud Composition Prize
Alexander ScriabinEtude Op. 65 (1912):
No. 3
György LigetiEtudes for Piano, Volume II (1990):
No.9 –  Vertige
Maurice RavelLa Valse (1920)
Sergei ProkofievToccata (1912)

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Note d’intention 2e Epreuve

Paysages sonores
Embarquez pour une aventure au travers de paysages sonores issus de mondes passés ou imaginaires, façonnés par ce qui paraît à la fois familier et insaisissable.
Paréidolie refaçonne les traces de structures anciennes dont les contours se transforment continuellement grâce à des techniques pianistiques contemporaines ; les harmonies s’y entrelacent tandis que les notes se précipitent les unes sur les autres. Qu’entendrons-nous ensuite ? Peut-être les monolithes abrupts et menaçants de Granites… peut-être, dans Métopes, les sirènes peuplant une île au milieu des vagues mouvantes, ou, sur un rivage lointain, un mystérieux guide — enfin, l’esquisse d’une présence humaine au cœur de ces étranges et merveilleux voyages.

Programme 2e Epreuve

Michaël Levinas, Paréidolie 
Dane Rudhyar, Granites 
Prix Paul Zukofsky
Karol Szymanowski, Métopes :
L’île des Sirènes
Nausicaa 

Note d’intention Demi-Finale

Hyperstage

L’exploration et l’examen d’une identité scénique.

Impromptu on a Theme of Beijing Opera fait surgir des scènes de La Concubine ivre : les costumes éclatants, les visages maquillés et les personnages dramatiques d’une époque révolue ; une mélodie familière qui subsiste quelque part parmi les fragments de mes souvenirs d’enfance, réinventée sur cet instrument de bois et d’acier. Dans un tourbillon de mouvements, nous pénétrons dans l’univers de Chout, récit grotesque et humoristique d’un bouffon. Son identité se déforme, se questionne, se dissimule : une mèche allumée. Elle finit par exploser dans les répétitions errantes et désorientées de Confetti Variations, spectacle qui se dissout peu à peu dans le calme.

Programme Demi-Finale

Guohui Ye, Impromptu on a Theme of Beijing Opera
Prix des Compositeurs du Conservatoire de Shanghai
Sergei Prokofiev / Vladimir Soultanov, Eight Movements from the Ballet « Chout » :
1. Le Bouffon et sa Bouffonne
2. Chez les 7 bouffons
3. Danse des bouffonnes
4. Danse des filles des bouffons
5. Entrée du marchand et son accueil
6. Dans la chambre à coucher du marchand
7. La querelle du bouffon avec le marchand
8. Danse finale
Tom Lopez, Confetti Variations(pour piano et électronique)

Note d’intention Finale

Qu’est-ce que la musique ?

La question demeure en suspens, vacillant à la lisière de trois œuvres qui mettent à l’épreuve les limites du piano lui-même ainsi que celles de notre écoute : une cacophonie minutieusement élaborée, d’innombrables rais de lumière traversant le ciel dans la descente d’un ange, nos rencontres fortuites composant un portrait de l’instant présent. Ce qui peut d’abord paraître étrange, déroutant ou même abrasif révèle à travers une attention soutenue des formes de beauté innattendues.

Programme Finale

Thomas Adès, Concerto conciso
Yoshihiro Kanno, The Remains of the Light III « Angel’s Ladder » – 20 (pour piano et électronique)
Michelle Agnes Magalhaes, Portland Sonata 

 

 

Biographie

Née en 1996 en Corée du Sud, Joohyang Han a étudié le piano au Seoul National University dans la classe de Min-Jung Lee, où elle a obtenu un “Bachelor of Music”, et elle prépare actuellement son “Master’s degree” au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Lyon dans la classe de Sébastien Vichard. Lauréate de plusieurs prix, elle a notamment reçu le deuxième prix au Concours Buam (2019), le Diplôme de mérite au Concours international de Lyon (2025) et a été boursière de la Fondation Culturelle Samick. Elle se produit en concert en France et réside actuellement à Lyon. Elle a developpé un intérêt pour la musique contemporaine durant ses années à l’université, où elle a eu l’opportunité d’interpréter une œuvre nouvellement composée et de collaborer directement avec un compositeur vivant. L’expérience de façonner une œuvre au travers d’une étroite interaction avec le compositeur était particulièrement inspirante. De plus, jouer Makrokosmos de George Crumb l’a introduite à des techniques de piano non conventionnelles et à de nouvelles possibilités sonores, ce qui a éveillé sa curiosité à approfondir son exploration de la musique contemporaine. En outre, sa participation à un workshop mené par Trio Catch l’a aidée à réaliser que la musique contemporaine n’est pas simplement difficile ou obscure, mais plutôt un langage musical différent, approfondissant son intérêt pour ce domaine.

Note d’intention 1ère Epreuve

Ce programme reflète mon intérêt pour le répertoire pianistique français et pour des œuvres qui élargissent la gamme expressive de l’instrument. Les Valses nobles et sentimentales de Ravel incarnent ce que je considère l’idée française du “raffiné”: clarté, élégance, et une couleur équilibrée. Messiaen représente un autre pilier central de la musique moderne française. Les études de Scriabine et Ligeti se déplacent toutes deux au-delà de la virtuosité, explorant de nouvelles perspectives harmoniques et ryhtmiques. Enfin, Objet dissous de Ji-Young Lee se concentre sur la résonance et les techniques de pédale, offran une approche contemporaine des possibilités sonores du piano.

Programme 1ère Epreuve

György LigetiEtudes for piano, Volume II  (1985):
No.4 – Fanfare
Ji-Young LeeObjet dissous (2025),
André Chevillion – Yvonne Bonnaud Composition Prize
Maurice RavelValses nobles et sentimentales (1911)
Alexander ScriabinEtude Op. 8 (1894):
No.10 – Allegro
Olivier MessiaenVingt Regards sur l’Enfant-Jésus (1944):
X. Regard de l’Esprit de joie

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Note d’intention 2e Epreuve

Ce programme réunit trois approches distinctes de la structure musicale et de l’imagination sonore. Two Thoughts about the Piano de Carter explore le contraste et la concentration à travers des formes musicales hautement singulières. Paréidolie de Levinas s’attache à la transformation du son et de la résonance en tant qu’ éléments structurels. La Quatrième Sonate de Scriabine associe une trajectoire formelle rigoureusement construite à un langage harmonique riche et expansif.

Programme 2e Epreuve

Elliott Carter, Two Thoughts About the Piano :
Intermittences
Caténaires 
Prix Elliott Carter
Michaël Levinas, Paréidolie
Alexander Scriabin, Sonata No. 4, Op. 30 :
Andante
Prestissimo volando 

Note d’intention Demi-Finale

Les œuvres de ce programme partagent une attention particulière portée au son et à la construction musicale. Malgré des langages musicaux très différents, Adès, Yun et Crumb développent chacun des relations singulières entre texture, geste et forme. Dans Klavierstück IX, Stockhausen élabore une vaste architecture fondée sur l’interaction entre répétition, résonance et perception du temps.

Programme Demi-Finale

Thomas Adès, Mazurkas for Piano 
Isang Yun, Interludium A 
Prix Isang Yun
George Crumb, Five Pieces for Piano
Karlheinz Stockhausen, Klavierstücke IX 

Note d’intention Finale

Ce programme met en regard trois conceptions contrastées de la structure musicale et du son. Concerto conciso d’Adès associe clarté de conception et énergie virtuose. Studie IV de Furrer développe un discours musical concentré dans lequel le timbre et le geste jouent un rôle structurel central. Dans Incises, Boulez réalise une synthèse remarquable entre précision formelle, richesse sonore et éclat instrumental.

Programme Finale

Thomas Adès, Concerto conciso 
Beat Furrer, Studie IV 
Pierre Boulez, Incises 

 

Biographie

Née en 1994 à Taipei, à Taïwan, Shan-Chi Hsu a étudié auprès de Pierre-Laurent Aimard à la Hochschule für Musik und Tanz de Cologne, où elle a obtenu un master en musique
contemporaine pour piano, ainsi qu’à la HMTM de Hanovre avec Bernd Goetzke, où elle a obtenu un diplôme de « Konzertexamen ». Elle a été sélectionnée comme pianiste pour l’Ensemble international Modern Akademie 2023/24 et de l’Ulysses Ensemble 2026. Shan-Chi est lauréate de la bourse #MusikerZukunft de la Deutsche Orchester-Stiftung, de la bourse pour la musique contemporaine de la Fondation musicale Ernst von Siemens, ainsi que du prix Dwight et Ursula Mamlok pour les interprètes de musique contemporaine avec son trio cofondé Track3. Elle s’est produite dans de grands festivals, notamment le Festival de Lucerne, ManiFeste (IRCAM), le Festival d’Aix-en Provence, le Festival Gaudeamus, les Wittener Tage für Neue Kammermusik, le Festival Impuls, et a collaboré avec des ensembles tels que l’Ensemble Modern et l’Ensemble Intercontemporain, ainsi qu’avec des compositeurs tels que Marco Stroppa, Mark Andre, Márton Illés et Franck Bedrossian. Elle réside actuellement en Allemagne.

Note d’intention 1ère Epreuve

Cette épreuve explore deux approches complémentaires de la musique pour piano. Les Estampes de Debussy, White on White de Ligeti, and le morceau composé pour le Prix André Chevillion – Yvonne Bonnaud par Maria Vittoria Agresti transforment des idées extérieures (paysages, images et peintures) en couleurs, gestes et récits musicaux. Studie für Klavier de Furrer et Contrapunctus d’André se concentrent d’autre part sur les possibilités matérielles du piano, façonnant la résonance, l’articulation et la texture pour créer des univers sonores soigneusement définis. Ce programme met en lumière comment les compositeurs peuvent traduire une inspiration extérieure en musique ou travailler directement avec le son et le geste afin d’explorer le potentiel expressif du piano.

Programme 1ère Epreuve

Beat Furrer, Studie für Klavier (1989)
Maria Vittoria AgrestiArdesia (2026),
André Chevillion – Yvonne Bonnaud Composition Prize
Claude DebussyEstampes (1904)
I. Pagodes
II. La soirée dans Grenade
III. Jardins sous la pluie
György Ligeti, Etudes for Piano, Volume III (1995):
No. 15 ‘White on White’
Mark Andre, Contrapunctus (1998/99)

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Note d’intention 2e Epreuve

La mémoire et le temps sont au cœur de ce programme. Paréidolie explore la transformation de formes musicales remémorées, tandis que des extraits de Játékok de Kurtág révèlent comment les gestes les plus infimes peuvent évoquer des mondes expressifs entiers. 90+ d’Elliott Carter et Psychomechanochronometer d’Eric Wubbels nous invitent à reconsidérer notre perception du temps, créant des environnements musicaux dans lesquels stabilité et changement interagissent constamment.
Malgré leurs esthétiques diverses, ces œuvres partagent une même fascination pour notre manière d’écouter : comment nous reconnaissons des motifs, construisons du sens et faisons face au temps qui passe.

Programme 2e Epreuve

Elliott Carter, 90+
Prix Elliott Carter
Michaël Levinas, Paréidolie 
György Kurtág, Játékok : sélection d’extraits 
Eric Wubbels, Psychomechanochronometer 

Note d’intention Demi-Finale

Entrelacé avec les trois mouvements de Tri-Tribute d’Elliott Carter, ce programme explore un large éventail de l’expression pianistique contemporaine. Rima de Donatoni se déploie à travers une succession de gestes brefs et énergiques, dont les idées musicales sont continuellement transformées et recombinées, tandis que Signes en blanc de Denisov ouvre un univers fragile de résonances chatoyantes et de temps suspendu. Dans Négy tárgy (« Four Objects »), Illés construit chaque mouvement autour d’un objet sonore ou pianistique distinct, explorant les possibilités musicales qu’il renferme. incidendo/fluido d’Olga Neuwirth élargit encore les possibilités du piano grâce à l’utilisation d’ondes Martenot enregistrées, brouillant la frontière entre son instrumental et son électronique.

Programme Demi-Finale

Márton Illés, Négy tárgy « Four Objects » 
Elliott Carter, Tri-Tribute : Matribute 
Prix Elliott Carter
Franco Donatoni, Rima 
Elliott Carter, Tri-Tribute : Fratribute 
Prix Elliott Carter
Edison Denisov, Signes en blanc 
Prix Edison Denisov
Elliott Carter, Tri-Tribute : Sistribute 
Prix Elliott Carter
Olga Neuwirth, incidendo/fluido (pour piano et électronique)

Note d’intention Finale

Bien qu’écrites à plus d’un siècle d’écart, ces œuvres explorent différentes manières de transformer des formes musicales héritées du passé. La Sonate pour piano, op. 1 de Berg se déploie en un mouvement unique étroitement intégré, faisant naître un univers d’une grande intensité expressive à partir d’un réseau restreint d’idées musicales continuellement transformées. Dans Concerto conciso, Thomas Adès réinvente les traditions du concerto et de la chaconne au sein d’une forme extrêmement concentrée, mettant les modèles historiques en dialogue avec une voix contemporaine singulière. La Sonata per pianoforte de Stefano Gervasoni s’interroge sur ce que peut signifier la sonate aujourd’hui, en repensant ses possibilités expressives et architecturales à travers un regard contemporain.

Programme Finale

Thomas Adès, Concerto conciso 
Alban Berg, Sonate pour piano, op. 1 
Stefano Gervasoni, Sonata per pianoforte 

 

Biographie

Né en 1997 à Aschaffenburg en Allemagne, Lukas Katter a étudié le piano à la Cologne University of Music and Dance ainsi qu’à l’University of Music and Performing Arts Vienna dans les classes des professeurs Florence Millet, Gerald Hambitzer, Joonas Ahonen, Pierre-Laurent Aimard et Stefan Arnold, où il a obtenu un “Master’s degree in piano performance” et un “postgraduate program” à l’ University of Music and Performing Arts à Vienne. Lauréat de plusieurs prix, il a notamment remporté le premier prix du Concours de piano Karlrobert Kreiten 2020 et le Siegfried Ernst-Preis au Concours européen de piano de Brême 2024. Il a également reçu des bourses de l’Association internationale des sociétés Richard Wagner et, plus récemment, du Ryoichi Sasakawa Young Leaders Fellowship Fund. Il se produit à l’échelle internationale et réside actuellement à Alzenau en Allemagne. Son intérêt pour la musique contemporaine s’est manifesté dès ses études de “Bachelor” auprès du professeur Florence Millet, lorsqu’il a eu plusieurs occasions de créer des œuvres, de collaborer avec des ensembles, puis s’est poursuivi grâce à l’influence fructueuse de ses études de musique contemporaine pour piano auprès des professeurs Pierre-Laurent Aimard et Joonas Ahonen. 

Note d’intention 1ère Epreuve

Ces œuvres sont unies par une expression émotionnelle intense au travers de textures complexes, de contrastes, et du mélange d’influences musicales personnelles, en particulier les éléments de folk. L’Automne à Varsovie de Ligeti juxtapose un mouvement rythmique incessant avec des mélodies plaintives, qui semblent humaines, formant des structures micro polyphoniques, qui mènent à des climax dramatiques, presque cataclysmiques.

Programme 1ère Epreuve

Béla Bartók, Etudes op. 18 (1918):
III. Rubato
György Ligeti, Etudes for Piano, Volume I (1985):
No.6 – Automne à Varsovie
Margot PommelletL’un des douze (2026),
André Chevillion – Yvonne Bonnaud Composition Prize
George EnescuPiano Sonata No. 1 in F-Sharp MinorOp. 24 No. 1 (1924):
I. Allegro molto moderato e grave
II. Presto vivace, III. Andante molto espressivo

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Note d’intention 2e Epreuve

Ce programme explore l’ambiguïté, les forces cachées et le jeu de la perception. Reflets de Denisov évoque des textures scintillantes et mouvantes, où les sons apparaissent, disparaissent puis ressurgissent, créant une atmosphère de mystère fluide et de tension subtile. Paréidolie de Levinas invite de manière similaire l’auditeur dans un univers sonore insaisissable, où des formes familières semblent émerger de la matière musicale avant de se dissoudre à nouveau dans le jeu de la résonance et de la transformation. Scarbo de Ravel partage cette même ambiguïté — une lumière vacillante laissant deviner ce qui se cache dans l’ombre — tout en déployant un monde plus sombre et ouvertement inquiétant, fait de motifs fulgurants, de ruptures soudaines et de contrastes extrêmes qui surprennent et déstabilisent. Ensemble, ces œuvres jouent avec les sens et se caractérisent par un imaginaire particulièrement riche et évocateur.

Programme 2e Epreuve

Edison Denisov, Reflets 
Prix Edison Denisov
Michaël Levinas, Paréidolie 
Maurice Ravel, Gaspard de la nuit : Scarbo 

Note d’intention Demi-Finale

Ce programme parcourt plus d’un siècle d’innovation pianistique à travers le son, la texture et la perception. La cathédrale engloutie de Debussy dissout le son familier du piano en sonorités fluides et immergées, imaginant une cathédrale surgissant des flots. Avec Anklänge an La cathédrale engloutie, Alberto Posadas revisite cette image dans un langage contemporain, utilisant un piano préparé pour évoquer les profondeurs marines et leurs résonances. Encadré par deux groupes d’Études de Ligeti, qui constituent un sommet de l’écriture pianistique moderne, Interludium A de Yun occupe une position centrale, formant un univers autonome de drame, de mélancolie et de réflexion. La dramaturgie du programme imagine la cathédrale de Debussy progressivement engloutie, ne laissant subsister que ses résonances et son esprit persistant.

Programme Demi-Finale

Claude Debussy, Préludes, Livre I : La cathédrale engloutie 
György Ligeti, Études pour piano, Livre II :
Galamb Borong
Fém
Vertige
Der Zauberlehrling 
Isang Yun, Interludium A
Prix Isang Yun
György Ligeti, Études pour piano, Livre II :
En suspens
Entrelacs
L’escalier du diable
Alberto Posadas, Anklänge an La cathédrale engloutie (piano préparé)

Note d’intention Finale

Le choix d’inclure Cantéyodjayâ de Messiaen dans cette finale est délibéré, tant le compositeur demeure une figure centrale de la modernité française, ayant profondément influencé plusieurs générations de créateurs en matière de technique, d’harmonie, de modes, de couleur musicale et d’écriture pianistique. L’œuvre illustre pleinement ces recherches en explorant les possibilités expressives et rythmiques du piano à travers l’utilisation de rythmes indiens traditionnels et une succession de blocs musicaux fortement contrastés. Passages aléatoires, harmonies foisonnantes, textures canoniques et matériaux fragmentés y composent une grande diversité de caractères, tandis que des motifs récurrents assurent l’unité de l’ensemble.
Placé aux côtés de Studie IV de Beat Furrer et de la virtuosité incisive du Concerto conciso de Thomas Adès, Cantéyodjayâ met en lumière trois approches distinctes de la forme, de l’énergie et de l’imaginaire sonore. Ensemble, ces œuvres proposent une exploration particulièrement riche du rythme, de la couleur, de la texture et de l’intensité expressive.

Programme Finale

Olivier Messiaen, Cantéyodjayâ 
Beat Furrer, Studie IV 
Thomas Adès, Concerto conciso 

 

Biographie

Née en 2002 à Tokyo au Japon. Après avoir obtenu son diplôme du Piano Performance Course au Tokyo College of Music High School, elle a obtenu son “bachelor’s degree in Piano Performance” au Tokyo College of Music. Elle est actuellement inscrite au “master’s program” à la  Hochschule für Musik und Darstellende Kunst Frankfurt am Main. Elle a étudié le piano avec  Chika Inaoka, Motoi Kawashima, Kyoko Kaise et Florian Hölscher. Après avoir vécu à Tokyo en raison de ses activités musicales, elle vit maintenant à Francfort en Allemagne. Son intérêt pour la musique contemporaine s’est développé grâce à des relations étroites avec des compositeurs de sa génération. Elle est particulièrement attirée par la manière dont ils perçoivent la société et l’histoire, comment ils positionnent la musique au sein de leurs cadres artistiques et idéologiques, et comment ces idées peuvent être mises en pratique par la performance. Selon elle, la musique contemporaine résiste aux simplifications faciles et offre une manière sensible de dialoguer avec la complexité du monde, ce qui continue de l’inspirer fortement.

Note d’intention 1ère Epreuve

Je suis intéressée par l’expérience de différents niveaux de temporalité, tels que la mémoire, la perception immédiate et le geste en tant qu’action, qui coexistent au sein d’un seul sujet sans totalement s’aligner. Ce programme explore différentes formes d’asynchronisme à travers les œuvres de Ligeti, Chin et Enescu. Au travers des polyrythmies, des mesures fragmentées et de la coexistence de matériel folklorique mémorisé avec des formes classiques, le rythme, le geste et la mémoire ne coïncident jamais complètement. Chaque œuvre se déploie au sein de son propre cadre temporel, façonné par l’imperfection et la multiplicité.

Programme 1ère Epreuve

Unsuk ChinPiano Études (2003):
No. 5 – Toccata
Yuya Haryu, Fünf Tänze (2025),
André Chevillion – Yvonne Bonnaud Composition Prize
George Enescu, Piano Sonata No. 1 in F-sharp minor, Op. 24 (1924)
György LigetiEtudes for Piano, Volume I (1985):
No. 6 – Automne à Varsovie

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Note d’intention 2e Epreuve

Nous nous retrouvons souvent à danser la nuit.
Dans l’obscurité, l’esprit éveillé tourne sans fin autour de questions et de réponses, tantôt porté par un sentiment de toute-puissance, tantôt saisi par les échos incertains du silence. Sans cesse, il traverse ces instants étranges suspendus entre rêve et réalité.
Si de petits esprits nocturnes existent, ils nous observent sans doute — affairés et absurdes que nous sommes — avec amusement.
Ce programme cherche à saisir les multiples visages de la nuit blanche : l’éveil, le silence et la folie.

Programme 2e Epreuve

Elliott Carter, Night Fantasies
Prix Elliott Carter
Salvatore Sciarrino, Notturno n° 1
Michaël Levinas, Paréidolie

Note d’intention Demi-Finale

Le nombre vingt-quatre possède un mystère discret : la journée se déploie en vingt-quatre heures, tandis que la musique respire à travers douze tonalités majeures et douze tonalités mineures.
Parmi les premiers cycles marquants réunissant toutes les tonalités au sein d’une même architecture figure le Clavier bien tempéré de Bach, tandis que les vingt-quatre Études de Chopin ont par la suite affirmé l’étude comme une forme artistique à part entière.
Le nombre vingt-quatre évoque ainsi un accomplissement ouvrant sur un renouveau.
Centré sur les Douze Études de Szymanowski et entrelacé d’œuvres de Lutosławski, Bartók, Boucourechliev, Debussy, Ligeti et Satoh, ce programme suit l’évolution de l’étude comme un cycle temporel en perpétuel recommencement, reflet également de mon entrée dans ma vingt-quatrième année.

Programme Demi-Finale

Witold Lutosławski, Two Studies : No. 1
Karol Szymanowski, 12 Études, Op. 33 : No. 1
Nobuaki Satoh, Étude No. 1 ; Étude No. 2
György Ligeti, Études pour piano, premier livre : No. 2 Cordes à vide
Béla Bartók, Studies, Op. 18 : No. 2
Karol Szymanowski, 12 Études, Op. 33 : No. 2
André Boucourechliev, Six Études d’après Piranèse, Op. 18 : No. 3/4/6
Béla Bartók, Studies, Op. 18 : No. 3
Karol Szymanowski, 12 Études, Op. 33 : No. 3
André Boucourechliev, Six Études d’après Piranèse, Op. 18 : No. 3/4/6
Karol Szymanowski, 12 Études, Op. 33 : No. 4 ; No. 5
André Boucourechliev, Six Études d’après Piranèse, Op. 18 : No. 3/4/6
Karol Szymanowski, 12 Études, Op. 33 : No. 6
Claude Debussy, 12 Études : No. 7 Pour les degrés chromatiques
Karol Szymanowski, 12 Études, Op. 33 : No. 7 ; No. 8
György Ligeti, Études pour piano, deuxième livre : No. 9 Vertige
Karol Szymanowski, 12 Études, Op. 33 : No. 9 ; No. 10
Claude Debussy, 12 Études : No. 11 Pour les arpèges composés
Karol Szymanowski, 12 Études, Op. 33 : No. 11 ; No. 12

Note d’intention Finale 

Les fragments de souvenirs perdus sont toujours empreints de douceur, mais aussi d’incertitude.
Ce qui demeure vague tend à s’idéaliser, et seules les impressions les plus fortes survivent dans la mémoire.
À la fin de sa vie, Koechlin se remémore la lumière de 1882 : un petit bois devenu jungle foisonnante dans le souvenir, un après-midi d’août paisible traversé à la fois par la sérénité et la douleur du départ. Sa musique ne montre pas la conservation du passé, mais la manière dont la mémoire le transforme.
Les œuvres de Bobby Ge et de George Crumb éclairent cette déformation sous des angles opposés — comme la vie et la mort.
Aux côtés de Studie IV de Beat Furrer et du Concerto conciso de Thomas Adès, ces œuvres explorent différentes manières dont la mémoire, l’imagination et la transformation façonnent notre expérience du temps et de la musique.

Programme Finale

Thomas Adès, Concerto conciso 
Beat Furrer, Studie IV 
Charles Koechlin, L’ancienne maison de campagne, op. 124 :
Matin dans le bois
La veille du départ 
Bobby Ge, To the Memory of a Little Grasshopper 
George Crumb, Makrokosmos, Vol. I :
Spring Fire
Dream Images (Love-Death Music) 

 

Biographie

Né en 1997 à Omsk en Russie, Georgy Krizhnenko a étudié le piano à la Haute Ecole de Musique de Genève dans la classe de Nelson Goerner et à la Moscow Academy of Performing Arts dans la classe de Vasily Ermakov où il a obtenu son diplôme en “Instrumental Performance and Teaching”. Depuis 2025, il a l’honneur de poursuivre son développement sous la direction de Rena Shereshevskaya. Lauréat de plusieurs prix, il a notamment reçu le Grand Prix, le Prix du public et le Prix du jeune public au Concours international de piano Henri Kowalski 2025, ainsi que le deuxième prix au 7e Concours international de musique de Paris (2025). Il a également remporté le premier prix du Concours international de piano du Rotary Club (Moscou, 2009), le Grand Prix du Concours Rubinstein (Saint-Pétersbourg, 2008) et du Concours « Sforzando » (Berlin, 2008). Il se produit régulièrement en concert en France, en Suisse et en Europe, il vit actuellement à Paris. La passion de Georgy Krizhnenko pour la musique contemporaine est née assez récemment. En tant que musicien élevé dans le paradigme Romantique, il était initialement  sceptique à l’égard de la musique contemporaine dans sa jeunesse. Cependant, à un certain moment dans sa vie d’adulte, après de nombreuses errances et même un pause dans sa carrière, il a été profondément marqué par Le Sacre du Printemps d’Igor Stravinsky et Music for Strings, Percussion and Celesta de Béla Bartók. Ces œuvres ont éveillé un intérêt intense pour les nouveaux modes d’expression musicale et l’ont finalement mené vers une exploration continue de techniques de jeu avancées. En même temps, l’incapacité à créer une interprétation véritablement nouvelle (qui ne soit pas enfermée dans les cadres de la tradition établie, que les interprètes sont souvent contraints de reproduire sans véritable compréhension en raison de structures rigides qui limitent des perspectives alternatives en musicologie) l’ont fréquemment frustré dans les traditions de “l’École Romantique”. Par conséquent, son entrée dans le monde de la musique contemporaine est devenue une source puissante d’énergie et de vive curiosité : une découverte, à la fois pour lui-même et le public, d’un vaste répertoire musical encore “vierge”, où il devient possible de communiquer une vision artistique personnelle à travers une lecture directe et sans intermédiaire de l’art.

Note d’intention 1ère Epreuve

Métamorphoses
L’harmonie paraît souvent être un élément inséparable d’une œuvre musicale. Pourtant, si l’on extrait une sonorité particulière de son contexte, on la perçoit soudainement comme une molécule de musique. Devant nos yeux se déploie un millier de constructions et de contextes différents dans lesquelles elle pourrait résonner, où dans lesquels elle a déjà résonné, et nous l’avons déjà entendu. Dans ce programme, les sons finaux de chaque morceau sont transformés en des points de départ pour le suivant. Ecoutez attentivement l’harmonie, et vous entendrez que chaque fin n’est pas une conclusion, mais un début.

Programme 1ère Epreuve

Arseniy GusevRetrato de Santo Tomás (d’après Velázquez) (2025),
André Chevillion – Yvonne Bonnaud Composition Prize
Sergei ProkofievÉtude Op. 2 No. 1 (1909)
Galina Ustvolskaya, Sonate No. 6 (1988)
George Crumb, Makrokosmos Vol. 1, Part One (1972) :
5. The Phantom Gondolier (Scorpio)
Alexandre ScriabinSonate No. 5 Op. 53 (1907)
George CrumbMakrokosmos Vol. 1, Part One (1972) :
11. Dream Images (Gemini)
Nikolai Kapustin, Eight Concert Études Op. 40 (1984):
8. Final

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Note d’intention 2e Epreuve

Fragments
Lorsqu’un tout se brise en morceaux, ce n’est pas toujours une perte ni une défaite. Un miroir, une fois brisé, devient une multitude de fragments scintillants ; une masse compacte se réduit en grains de sable ; une terre ferme, divisée par l’eau, devient un archipel.
L’unité n’existe pas seulement dans l’intégrité d’un ensemble, mais aussi dans la multiplicité.

Programme 2e Epreuve

Dane Rudhyar, Granites
Prix Paul Zukofsky
Henry Cowell, Aeolian Harp (pour piano préparé)
Michaël Levinas, Paréidolie 
Leonid Desyatnikov, Songs of Bukovina : Ой, Канадочка Широка 
André Boucourechliev, Archipel 4 
Prix André Boucourechliev
Francis Poulenc, Nocturne n° 4 « Bal fantôme » 

Note d’intention Demi-Finale

Personnalités : Dévouement, Imitation

La personnalité est composite.
Volontairement ou non, elle imite ce qui l’inspire.
La personnalité est multiple.
Consciemment ou non, elle change de masque et se transforme avec lui.
La dévouement est un don.
Volontairement et consciemment, une personnalité rend hommage à une autre — elle aussi composite et multiple.

Programme Demi-Finale

György Ligeti, Musica Ricercata : (Béla Bartók in Memoriam) 
Claude Debussy, Hommage à Haydn 
Carl Vine, The Anne Landa Preludes :
Thumper
Divertissement 
Alfred Schnittke, Variation on a Chord 
Jonathan Harvey, Tombeau de Messiaen (pour piano et électronique)
Karol Szymanowski, Masques, op. 34 :
Shéhérazade
Tantris le Bouffon 
Sérénade de Don Juan 
Kaija Saariaho, Monkey Fingers, Velvet Hand 

Note d’intention Finale

En plein air

En sortant au grand air, il est fascinant de réaliser que la musique ne se limite pas aux sons que nous produisons avec un instrument. Les cris et les bavardages des enfants, les échos des musiciens de rue, le clapotis d’une rame sur l’eau, le chant plaintif d’une grenouille au crépuscule au bord d’un lac, ou même les battements affolés de son propre cœur — tout cela possède un rythme, un registre et un caractère.

Programme Finale

Thomas Adès, Concerto conciso 
Michelle Agnes Magalhaes, Portland Sonata 
Béla Bartók, Out of Doors (Szabadban), Sz. 81 :
With Drums and Pipes
Barcarolla
Musettes
The Night’s Music
The Chase 

 

Biographie

Né en 2001 à Amsterdam aux Pays-Bas, Carter Muller a étudié le piano à la Sweelinck Academy / Conservatory of Amsterdam dans les classes de Marjes Benoist et de Nino Gvetadze, à l’International Piano Academy “Incontri col Maestro” avec Igor Roma puis à la Zürcher Hochschule der Künste (ZHdK) dans la classe du professeur Till Fellner, où il a obtenu son “Bachelor’s” et “Master’s degree in Solo Performance”. À l’automne 2023, il a commencé un « Master’s degree » en musique nouvelle (musique contemporaine) avec le professeur Nicolas Hodges à la HMDK Stuttgart. Lauréat de plusieurs prix, il a notamment reçu le premier prix du concours Landolt 2022, le titre de Classic Young Master (qui comprend un accompagnement professionnel pour le développement de sa carrière), le premier prix du concours Jeune musicien de l’année du Royal Concertgebouw, des prix au Festival Bach, au Festival des compositeurs russes, au concours Princess Christina, au concours de piano YPF, et bien d’autres encore. Il se produit régulièrement en concert en Europe, en Amérique du Nord et en Asie, apparaissant avec des ensembles tels que le Klangforum Wien, l’Arc-en-Ciel Ensemble,le Hradec Králové Philharmonic Orchestra et dans des lieux tels que le Royal Concertgebouw a Amsterdam. Il réside actuellement à Leipzig, en Allemagne. L’intérêt de Carter pour la musique contemporaine a évolué à partir d’une grande curiosité pour les possibilités exprressives du piano au-delà du répertoire traditionnel. À travers des collaborations avec des ensembles contemporains de renom tel que le Klangforum Wien et ses études avancées en “New Music”, il a développé une passion pour l’exploration et l’interprétation d’œuvres de compositeurs vivants et du répertoire du XX/XXIe siècles. Cette intérêt découle de son désir de construire un lien profond avec le langage de notre temps et d’apporter la musique nouvelle dans un dialogue avec les traditions classiques.

Note d’intention 1ère Epreuve

Errance (intérieure)
Un esprit de quête, de recherche pour quelque chose de nouveau a inspiré ce programme. Anodos de Nicolaou ouvre le programme avec une ascension rapide dans les régions les plus hautes du clavier, une route  impraticable. Debussy cherche des univers sonores nouveaux et exotiques dans Estampes, nous transportant dans des paysages lointains. Ligeti et Kagel capturent l’esprit agité de nombreux compositeurs d’avant-garde. Saunders fait du piano une voix désincarnée lancée sur une quête incertaine. Ahmadnezhad explore la lumière et l’obscurité ainsi que la recherche intérieure du doute et de la foi de Saint Thomas. Enfin,  Klavierstück de Furrer encadre le programme avec une ascension finale vers le néant.

Programme 1ère Epreuve

Vassos NicolaouEtude no. 1 ‘Anodos’ (2008)
Claude DebussyEstampes (1903):
I. Pagodes
II. La soirée dans Grenade
III. Jardins sous la pluie
György LigetiCapriccio no. 2 (1947)
Mauricio Kagelà deux mains (1995)
Rebecca Saundersto an utterance – study for solo piano (2020)
Arian AhmadnezhadThat Holy Joint (A piece for the front row) (2025-26),
André Chevillion – Yvonne Bonnaud Composition Prize 
Beat FurrerDrei Klavierstücke (2004):
II.

Redécouvrez la vidéo de sa 1ère Epreuve

Note d’intention 2e Epreuve

Motifs émergents
La paréidolie désigne le phénomène par lequel le cerveau projette des formes significatives sur des stimuli ambigus. Ce programme explore les limites de cet instinct perceptif. Dans Caténaires, une ligne continue de notes devient une surface au sein de laquelle formes mélodiques et gestes émergent puis se dissolvent. Avec Kinderstück, 90+ et Invention, le matériau musical acquiert progressivement une plus grande densité polyphonique. Dans Négy tárgy, des titres évocateurs transforment une matière sonore abstraite en objets tangibles. Inspirée par les dernières œuvres de Scriabine, Ruth Crawford Seeger condense une atmosphère harmonique riche et mystique dans une forme miniature. Paréidolie de Levinas constitue le centre conceptuel du programme, tandis qu’Orion III de Boucourechliev le conclut par une constellation vertigineuse de notes.

Programme 2e Epreuve

Elliott Carter, Two Thoughts About the Piano : Caténaires 
Prix Elliott Carter
Anton Webern, Kinderstück 
Elliott Carter, 90+ 
Prix Elliott Carter
György Ligeti, Invention 
Márton Illés, Négy tárgy « Four Objects » :
Szélgesztuok « Wind Gestures » 
Hado-nász « Flailing Marriage » 
Geóda és burjánzás « Geode and Overgrowth » 
Régi óra « Old Clock » 
Ruth Crawford Seeger, Nine Preludes for Piano : Andante tranquillo 
Michaël Levinas, Paréidolie 
Alexander Scriabine, Five Preludes, op. 74 : Lent, vague, indécis 
André Boucourechliev, Orion III 
Prix André Boucourechliev

Note d’intention Demi-Finale

 

Programme Demi-Finale

 

Note d’intention Finale 

 

Programme Finale

 

 

Biographie

Née en 2001 à New York City (États-Unis), Ayane Nakajima a étudié le piano à la Rice University, au  Royal College of Music et à la Guildhall School of Music and Drama, dans les classes de Jon Kimura Parker, Danny Driver et Ronan O’Hora. Elle a obtenu son “Bachelor of Music” et son “Master of Music in Performance”, et prépare actuellement un “Advanced Diploma”. Lauréate de plusieurs prix, Ayane a notamment reçu des prix de YoungArts, Pianale et Keyboard Odyssiad. Elle se produit régulièrement en concert en France, Italie, Allemagne, Royaume-Uni et aux Etats-Unis, et elle réside actuellement à Londres, au Royaume-Uni. Profondément engagée à défendre la voix des compositeurs vivants, Ayane se passionne pour le dialogue entre les œuvres contemporaines et le répertoire classique. Elle a créé des œuvres en tant que répétitrice et soliste pour des compositeurs tels que Daniel Zlatkin, Þórður Magnússon et Eunike Tanzil, entre autres.

Note d’intention 1ère Epreuve

Ce programme explore la transformation, le geste et la résonance à travers les XXe et XXIe siècles. Cant màgics de Mompou présente une séquence d’états émotionnels distillés, où le silence et la simplicité ont un poids expressif profond. Étude II : Point and Line de Hosokawa évoque le mouvement calligraphique, se déployant à partir de sons isolés en lignes fluides, tandis que l’Étude n° 4, « Fourths » de Rautavaara construit un univers sonore hypnotique à partir d’un matériau intervallique austère. La Valse de Ravel offre une réinterprétation virtuose et déstabilisante de la valse, passant de l’élégance à l’effondrement. Le programme se termine par Maybe Him de Guilherme de Almeida, une méditation sur l’acte de se souvenir et de se remémorer, révélant comment la mémoire est continuellement remodelée et rappelée différemment.

Programme 1ère Epreuve

Federico Mompou, Cants màgics (1919):
1. Energic
2. Obscur
3. Profond-lent
4. Misteriós
5. Calma
Einojuhani Rautavaara, Etudes Op. 42 (1969):
No. 4 – Fourths
Toshio Hosokawa, Etudes for Piano (2011-2013):
II. Point and Line
Maurice Ravel, La Valse (1920)
Guilherme de Almeida, Maybe her (2026),
André Chevillion – Yvonne Bonnaud Composition Prize

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Note d’intention 2e Epreuve

Mobile (2012) de Michelle Agnes Magalhaes ouvre ce tour avec un flux caractéristique : une matière sonore en perpétuelle transformation, qui ne se fixe jamais et demeure dans un incessant devenir. Reflets (1989) d’Edison Denisov lui succède, déployant des miroitements d’une grande finesse, où se révèle le lyrisme de son modernisme tardif dans toute sa subtilité. Le programme s’achève avec Paréidolie II (2025) de Michaël Levinas, œuvre toute récente présentée ici en création dans le cadre du concours. Depuis longtemps fasciné par les rapports entre le son et la résonance, Levinas ouvre dans cette partition de lumineuses clairières au cœur d’une matière sonore dense. Réunies, ces trois œuvres dessinent un parcours qui mène du mouvement à l’immobilité, du flux à la lumière.

Programme 2e Epreuve

Michelle Agnès Magalhaes, Mobile 
Edison Denisov, Reflets” 
Prix Edison Denisov
Michaël Levinas, Paréidolie 

Note d’intention Demi-Finale

Cette épreuve s’articule autour de Musica Ricercata (1953) de György Ligeti : onze pièces construites selon un principe d’expansion progressive, chacune ajoutant une hauteur supplémentaire à la précédente, évoluant d’une obsession primitive vers une maîtrise polyphonique d’une richesse croissante. Les deux miniatures d’Elliott Carter — Caténaires (2006) et Intermittences (2005) — crépitent de son indépendance rythmique caractéristique, concentrant une énergie considérable dans des formes brèves. Entre elles, Música Callada III n° 17 de Federico Mompou offre un moment de profonde intériorité, presque immobile dans son recueillement silencieux. Le programme se conclut avec Darknesse Visible (1992) de Thomas Adès, fascinante décomposition de la chanson pour luth Flow my tears de Dowland, plongée dans l’ombre et l’ambiguïté.

Programme Demi-Finale

György Ligeti, Musica Ricercata :
Sostenuto – Misurato – Prestissimo 
Mesto, rigido e cerimoniale
Allegro con spirito
Tempo di valse (poco vivace – « à l’orgue de Barbarie ») 
Rubato. Lamentoso 
Allegro molto capriccioso
Cantabile, molto legato
Vivace. Energico
(Béla Bartók in Memoriam) Adagio. Mesto – Allegro maestoso
Vivace. Capriccioso
(Omaggio a Girolamo Frescobaldi) Andante misurato e tranquillo
Elliot Carter, Two Thoughts About the Piano : Canténaires 
Prix Elliott Carter
Federico Mompou – Musica Calada III No. 17, Lento 
Elliott Carter, Two Thoughts About the Piano : Intermittences 
Prix Elliott Carter
Thomas Adès, Darknesse Visible 

Note d’intention Finale

La finale s’ouvre avec le Concerto conciso de Thomas Adès, œuvre concentrée, brillante et exigeante, requérant une maîtrise absolue de la texture et de la couleur sonore. Vient ensuite Portland Sonata de Michelle Agnes Magalhaes une exploration de la résonance et des limites du son. La Sonate n° 10 op. 70 (1912) de Alexandre Scriabine nous entraîne ensuite dans l’univers mystique de sa dernière manière : les trilles y scintillent comme des éclats de lumière tandis que les harmonies semblent se dissoudre aux frontières du silence. Le programme s’achève avec Jerusalem, extrait du cycle Hämmerklavier (1995) de Moritz Eggert — une musique percussive, implacable, martelée avec une force physique saisissante. Réunies, ces œuvres sollicitent non seulement une technique exceptionnelle, mais aussi un engagement artistique total, portant les exigences les plus élevées à l’égard de l’interprète comme de l’auditeur.

Programme Finale

Thomas Adès, Concerto conciso 
Michelle Agnes Magalhaes, Portland Sonata
Alexander Scriabin, Sonata No. 10 Op. 70 
Moritz Eggert, Jerusalem « Hämmerklavier IX » 

 

Biographie

Née en 1996 à Aichi au Japon, Mizuki Ono a étudié la composition à la Tokyo University of the Arts dans la classe de Toshiya Watanabe, où elle a obtenu un “Bachelor of Music in Composition”. Une fois diplômée, elle a poursuivi ses études de piano au JML Yoshiro Irino Institute of Music dans la classe de Kazue Nakamura. Elle a remporté le troisième prix du Concours de musique contemporaine « Kyogaku XVI » en 2024. Son intérêt pour la musique contemporaine est né pendant ses études, après avoir découvert la musique de Toru Takemitsu, ce qui l’a amenée à se lancer dans la composition parallèlement à ses activités de pianiste. Basée à Tokyo, elle est activement impliquée dans des projets de musique contemporaine, tels que la création de nouvelles œuvres et l’improvisation.

Note d’intention 1ère Epreuve

En musique, la quinte est à la fois la résonance la plus simple et la plus fondamentale qui sous-tend l’univers sonore. Au-delà de la tonalité, l’intervalle d’une quinte existe en tant que distance pure entre deux tons, comme une corde à vide, maintenant un équilibre cosmique. Ce programme retrace comment la quinte se superpose et se transforme, émergeant comme résonance, comme structure et comme un symbole poétique.

Programme 1ère Epreuve

Mizuki OnoWavering Within (2026),
André Chevillion – Yvonne Bonnaud Composition Prize
György LigetiEtudes for Piano, Volume I (1985):
No. 2 – Cordes à Vide
Claude DebussyEstampes (1903)
I. Pagodes
II. La soirée dans Grenade
III. Jardins sous la pluie
Ivan FedeleÉtudes Australes (2003):
Ⅴ- Chionis alba
Salvatore SciarrinoⅡ Sonata (1983)

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Note d’intention 2e Epreuve

Ces trois œuvres explorent différentes dimensions de l’écoute musicale. Dans la musique de Denisov, le silence et la résonance deviennent des éléments essentiels, modelant la perception de chaque son et de son extinction. Levinas propose une réflexion sur la mémoire et la transformation, mettant en relation différentes strates de l’histoire du piano. Neuwirth élargit l’univers sonore de l’instrument en associant le piano à un support enregistré, créant des relations mouvantes entre son direct et son enregistré. Ensemble, ces œuvres invitent à écouter au-delà des notes elles-mêmes et à faire l’expérience du son comme espace, mémoire et temps.

Programme 2e Epreuve

Edison Denisov, Signes en blanc 
Prix Edison Denisov
Michaël Levinas, Paréidolie 
Olga Neuwirth, incidendo/fluido (pour piano et électronique)

Note d’intention Demi-Finale

Ce programme explore le piano comme source de couleur, de texture, de motifs et d’imagination. De la plus grande délicatesse à une intensité fulgurante, ces cinq œuvres déploient des paysages sonores en constante évolution. Les miniatures poétiques de Berio, riches en nuances sonores ; les arabesques complexes de Watanabe ; les paysages oniriques et chatoyants de Szymanowski ; les réflexions musicales concises de Carter ; et les vastes architectures sonores pleines d’énergie de Xenakis révèlent chacune une facette différente de l’instrument. À travers des langages musicaux et des esthétiques variés, ces œuvres élargissent notre perception du piano et de ses remarquables possibilités expressives.

Programme Demi-Finale

Luciano Berio, Six Encores :
Brin
Leaf
Wasserklavier
Erdenklavier
Luftklavier
Feuerklavier 
Toshiya Watanabe, Arabesque 
Elliott Carter, Two Thoughts About the Piano : Intermittences 
Prix Elliott Carter
Karol Szymanowski, Métopes, op. 29 :
Wyspa syren (« L’Île des Sirènes »)
Nauzykaa (« Nausicaa ») 
Iannis Xenakis, Evryali 
Elliott Carter, Two Thoughts About the Piano : Caténaires 
Prix Elliott Carter

Note d’intention Finale

Ce programme réunit des œuvres issues d’époques et de cultures différentes, mais qui partagent une même sensibilité à la couleur, à la mémoire et à une forme d’intensité retenue. Hommages, fragments poétiques et vastes espaces sonores y résonnent d’une œuvre à l’autre. Parmi eux figure une pièce inspirée de l’esprit du haïku, forme poétique traditionnelle japonaise qui me touche particulièrement.
Rain Tree Sketch II de Toru Takemitsu fut composé pour un concert commémoratif en hommage à Olivier Messiaen dans le cadre du Festival international de musique d’Orléans de 1992. Cette œuvre constitue également la dernière œuvre pour piano seul du compositeur.

Programme Finale

Thomas Adès, Concerto conciso
Olivier Messiaen, Prélude 
Christophe Bertrand, Haïku 
Stefano Gervasoni, Sonata per pianoforte 
Tōru Takemitsu, Rain Tree Sketch II « In Memoriam Olivier Messiaen » 

 

Biographie

Née en 1997 à Tokyo au Japon, Linda Ruan a étudié le piano à la Glenn Gould School au Royal Conservatory of Music dans la classe de James Anagnoson, où elle a obtenu un “Bachelor of Music (Honours) in Piano Performance”, à la Juilliard School dans la classe de Hung-Kuan Chen, où elle a obtenu un “Master of Music in Piano Performance”, à la Tianjin Juilliard School dans la classe de Xiaohan Wang, où elle a obtenu un “Master of Music in Chamber Music” et elle étudie actuellement à la University of British Columbia dans la classe du Dr. Corey Hamm. Lauréate de plusieurs prix, elle a notamment remporté le premier prix du Concours national de musique Eckhardt-Gramatté en 2025, le deuxième prix du Concours Shean Strings and Piano en 2024 et le deuxième prix du Concours international de musique ARD en 2021. Elle se produit régulièrement en concert à l’échelle internationale en Amérique du Nord, en Asie et en Europe et réside actuellement à Vancouver, au Canada. Linda a récemment redécouvert son amour pour la musique contemporaine avec l’encouragement de son professeur actuel, Dr. Corey Hamm. Ce fut un plaisir de replonger dans la richesse et la diversité d’univers sonores du monde actuel.

Note d’intention 1ère Epreuve

Paris entre 1900 et 1930 était l’épicentre de la révolution artistique. Cette épreuve honore cet héritage tout en retraçant son influence à travers le temps et l’espace. Gaspard de la nuit de Ravel représente l’impressionnisme français dans toute sa virtuosité, des contes de fées transformés en écriture pianistique cauchemardesque. L’escalier diabolique de Ligeti et l’espiègle étude J6ker de Ho prouvent que l’esprit virtuose né dans le Paris de la Belle Epoque continue d’inspirer des compositeurs plusieurs décennies plus tard. Miraged de Fabrega et Lumière et ténèbres de Cai, explorant le doute, l’illumination et la transformation spirituelle, démontrent comment des voix diverses continuent d’élargir les possibilités expressives inaugurées à cette époque révolutionnaire.

Programme 1ère Epreuve

Elisenda FabregasMirage (1997)
Yuncong CaiLumière et ténèbres (2025),
André Chevillion – Yvonne Bonnaud Composition Prize
Maurice RavelGaspard de la nuit (1908):
III. Scarbo
György LigetiEtudes for Piano, Volume II (1994):
No. 13 – L’escalier du diable
Vincent HoSupervillain Etudes, Vol. 2 (2023):
No. 6 J6ker

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Note d’intention 2e Epreuve

Nocturnes intimes
Cette épreuve explore les liens entre la musique, la nuit, la mémoire et l’introspection. Avec Aeon d’Alice Ho, inspiré de l’univers de Salvador Dalí, la perception du temps s’étire et se contracte, transformant l’instant fugitif en éternité. Le Treizième Nocturne de Fauré, composé dans les dernières années de sa vie, rayonne d’une profonde sérénité. Paréidolie de Levinas transforme ensuite la mémoire en forme musicale : des architectures harmoniques baroques réapparaissent métamorphosées à travers des variations polyphoniques et des trames d’accords brisés qui deviennent de nouvelles fantaisies. L’épreuve s’achève avec Into the Woods de Sondheim, revisité par Andy Akiho, où l’obscurité des contes de fées rencontre une sophistication pleine d’esprit. Ensemble, ces œuvres dessinent un parcours allant du temps cosmique au crépuscule intime, jusqu’à l’enchantement théâtral.

Programme 2e Epreuve

Alice Ping Yee Ho, Aeon 
Gabriel Fauré, Nocturne n° 13 en si mineur, op. 119 
Michaël Levinas, Paréidolie 
Stephen Sondheim (arr. Andy Akiho), Into the Woods 

Note d’intention Demi-Finale

Architectures sonores

Dans cette épreuve, quatre compositeurs construisent des édifices sonores singuliers. La sonate juvénile de Dutilleux s’ouvre sur de vastes variations d’un thème de choral aux résonances de cloche, érigeant une véritable cathédrale néoclassique. where poppies still bloom and fall de Rita Ueda bâtit un monument placé sous le signe du souvenir et du renouveau. Glass Houses No. 5 d’Ann Southam assemble des structures minimalistes transparentes où la répétition devient une architecture hypnotique. Enfin, Capriccio de Wang Jianzhong jette des ponts entre les fondements mélodiques chinois et la virtuosité de la tradition occidentale. Chacune de ces œuvres organise le temps et le son en un espace propre, façonnée par ses matériaux, ses principes directeurs et sa philosophie sur la manière dont la musique structure notre expérience du monde.

Programme Demi-Finale

Henri Dutilleux, Sonate pour piano, op. 1 : Choral et variations 
Rita Ueda, where poppies still bloom and fall :
Voices in the Wind
Lark
Phoenix
Dove 
(pour piano et électronique)
Ann Southam, Glass Houses : No. 5 
Jianzhong Wang, Capriccio 
Prix des Compositeurs du Conservatoire de Shanghai

Note d’intention Finale

Dialogues et distances

La tradition du concerto repose sur le dialogue : entre le soliste et l’ensemble, entre l’individu et le collectif. Cette finale présente trois visions distinctes de la conversation musicale et de la forme.
La Sonata de Gervasoni dialogue à travers les siècles avec les grandes figures de Beethoven, Schubert et Liszt dans un parcours en un seul mouvement, profondément personnel et d’une remarquable intensité poétique, où la forme se ressent davantage qu’elle ne se calcule.
Les deux mouvements extraits des Images de Debussy poursuivent cette réflexion autour de l’hommage et du mouvement, en honorant la tradition tout en la projetant vers l’avenir.
Enfin, Concerto conciso d’Adès clôt le programme en réduisant le dialogue à son essence la plus pure. Ensemble, ces œuvres témoignent de la capacité de la musique à abolir les distances — géographiques, culturelles ou temporelles — et montrent que la conversation, et l’écoute profonde qu’elle requiert, demeure l’une des révélations les plus précieuses de la musique.

Programme Finale

Stefano Gervasoni, Sonata per pianoforte 
Claude Debussy, Images, 1re série :
Hommage à Rameau
Mouvement
Thomas Adès, Concerto conciso 

 

Biographie

Né en 1993 à Poznań, en Pologne. Miłosz Sroczyński a étudié le piano à la Haute  École de Musique à Genève dans la classe de Cédric Pescia, à la Zürcher Hochschule der Künste à Zurich dans la classe de Konstantin Scherbakov et Christoph Berner et au Royal College of Music à Londres dans la classe de Norma Fisher, où il a obtenu son “Artist  Diploma”. Il a étudié au Royal College of Music and a obtenu plusieurs bourses et prix en Suisse, au Royaume-Uni, en Pologne et en Israël. Son premier CD est sorti en Février 2026 chez Genuin Classics. Il se produit régulièrement en concert dans de grandes villes européennes : Londres, Berlin, Hambourg, Francfort, Zurich et dans de prestigieux festivals comme le Davos Festival. Il réside actuellement à Zurich, en Suisse.
Dans mon enfance et adolescence, je dépensais tout mon argent de poche dans des CDs. Je m’achetais toujours des disques de morceaux dont je ne connaissais rien. Je devais avoir 13 ans quand j’ai découvert Xenakis pour la première fois et entendu Volumina de Ligeti, quel choc cela fut! L’éducation classique n’offait que peu de place à la musique contemporaine, et j’ai passé des années immergé dans ce canon traditionnel. Mais récemment,  cela a drastiquement changé et j’ai eu plusieurs opportunités d’explorer ma fascination de jeunesse. Me produire au Davos Festival et collaborer directement avec des compositeurs a été révélateur : après des années à me demander “Qu’est-ce que Chopin dirait?”, j’avais enfin le compositeur en face de moi. Je posais des questions, observais les réactions, suggérais des ajustements. C’était formidable. De telles collaborations m’ont mené à la première d’une nouvelle œuvre à la Tonhalle Zurich et à d’autres projets fascinants. Candidater à la compétition est naturellement la prochaine étape dans ce voyage car je ne cesse jamais de poursuivre ma curiosité naturelle pour découvrir et explorer de nouvelles choses!”

Note d’intention 1ère Epreuve

L’étude transcende le simple exercice technique, elle devient un laboratoire d’états émotionnels extrêmes. Des couleurs impressionnistes de Debussy en passant par le feu extatique de Messiaen jusqu’à la mélancolie automnale de Ligeti, ce programme explore comment chaque étude repousse ses propres limites. Abrahamsen distille les souvenirs d’enfance, Dusapin compresse le son jusqu’à l’implosion, Nicolaou pose la question existentielle : “Avez-vous peur?”. Chaque morceau pousse une idée technique (quintes, quartes, octaves) à des extrêmes émotionnels. L’étude devient un sismographe des paysages intérieurs, où virtuosité et vulnérabilité ne font plus qu’un.

Programme 1ère Epreuve

Claude DebussyEtudes (1915):
No.1 – Pour le cinq doigts”
No.3 –  Pour les quartes”
No.5 –  “Pour les octaves”
Pascal DusapinEtude 6 (2000)
Hans AbrahamsenEtudes (1984 – 1998):
VI. For the children
VIII. Rivière D’oubli
György Ligeti, Etudes for Piano, Volume I (1985):
No. 6 –  Automne à Varsovie
Haru ShionoyaÉtude pour piano – Jeu[x] de tierce (2026),
André Chevillion – Yvonne Bonnaud Composition Prize
Vassos NicolaouEtude, Hast du Angst? (2013)
Olivier MessiaenEtude (1950) :
No.2 – “Ile de feu 2”

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Note d’intention 2e Epreuve

Faire le portrait de quelqu’un, c’est aussi lui imposer un masque — nous ne voyons jamais tout à fait l’autre, seulement l’image que nous construisons de lui. Dans Tantris le Bouffon, Szymanowski transforme Tristan, l’amant tragique, en personnage grotesque : un même visage vu à travers le prisme de la dérision. Harvey entoure le piano d’un enregistrement de son propre son, réaccordé de telle sorte que son maître disparu, Messiaen, semble parler depuis un lieu inaccessible — un portrait façonné par la mémoire. Levinas intitule son œuvre Paréidolie, ce phénomène qui nous fait voir des visages dans les nuages : des formes que nous reconnaissons parce que nous en avons besoin, non parce qu’elles existent réellement. Avec Two Thoughts about the Piano, Carter propose un portrait de l’instrument lui-même : deux voix qui s’interrompent sans jamais vraiment s’écouter, avant de se fondre dans une ligne unique lancée dans une course ininterrompue. Tout portrait en dit autant sur l’observateur que sur l’observé.

Programme 2e Epreuve

Karol Szymanowski, Masques, op. 34 : Tantris le bouffon 
Jonathan Harvey, Tombeau de Messiaen (pour piano et électronique)
Michaël Levinas, Paréidolie
Elliott Carter, Two Thoughts About the Piano :
Intermittences
Caténaires

Prix Elliott Carter

Note d’intention Demi-Finale

Les images qui restent

Cette épreuve parle de la tristesse des choses qui passent. Ce qui demeure sous forme d’ombre ou d’écho est aussi ce qui a déjà disparu. Les oiseaux tristes de Ravel chantent, et chaque appel revient plus doucement, se dissolvant dans la chaleur du midi — à la fois présent et déjà absent. Saunders écrit avec l’ombre : chaque son est entendu à travers le silence qui peu à peu l’absorbe. Denisov laisse de légères traces sur le blanc, comme des empreintes dans une neige déjà en train de fondre. Jarrell donne son titre à cette épreuve — la musique s’efface, mais l’image demeure. La chaconne est un motif qui se répète sous toute chose ; Gubaidulina reprend les vestiges de cette forme ancienne pour écrire une musique nouvelle, laissant transparaître le passé à travers le présent. Cinq manières de s’accrocher à quelque chose qui a déjà disparu.

Programme Demi-Finale

Maurice Ravel, Miroirs : Oiseaux tristes 
Rebecca Saunders, shadow 
Edison Denisov, Signes en blanc 
Prix Edison Denisov
Michael Jarrell, …mais les images restent… 
Sofia Gubaidulina, Chaconne

Note d’intention Finale

Par lui

Ma vie musicale est née de deux racines : la polyphonie et la musique contemporaine — la fugue et la musique de mon temps. Cette finale leur permet de se rencontrer. Par lui tout a été fait de Messiaen est une immense fugue, où de multiples voix se déploient à partir d’une seule ligne : la forme la plus ancienne que j’aime, écrite dans un langage moderne. Autour d’elle, Adès et Furrer parlent la langue de la création contemporaine, traitant le piano comme un instrument à éprouver, à mettre à l’épreuve et à pousser jusqu’à ses limites. La fugue m’accompagne depuis mes débuts ; ici, elle résonne au milieu de la musique de mon temps, et pour moi ces deux mondes n’en forment qu’un seul.

Programme Finale

Thomas Adès, Concerto conciso 
Beat Furrer, Studie IV 
Olivier Messiaen, Vingt Regards sur l’Enfant-Jésus : Regard XI « Par lui tout a été fait » 

 

Biographie

Née en 2000 à Tokyo au Japon, Haruka Ugaji a étudié le piano à la Kyoto City University of Arts dans la classe du professeur Makoto Ueno, où elle a obtenu un “Piano Bachelor of Music degree”. Actuellement, elle étudie à la  Mozarteum University Salzburg dans la classe du professeur Eung-Gu Kim, où elle prépare un “Piano Master’s” et un “Contemporary music Master’s degree”. Lauréate de plusieurs prix, elle a notamment remporté le premier prix du 6e Sardoal Young Talent Award au Portugal et le « Prix d’honneur » du 24e Concours de musique Matsukata-Hall à Kobe, au Japon. Depuis 2024, elle bénéficie du soutien de la Fondation musicale « Yamaoka Träumerei ». Elle se produit régulièrement en concert en Europe et réside actuellement à Salzbourg, en Autriche.
“Je me suis profondément intéressé à la musique contemporaine après l’avoir découverte pour la première fois dans le cadre d’un examen pratique pendant mes études de niveau “undergraduate”, ayant eu très peu d’exposition à ce domaine auparavant. Bien que cela apparaisse complexe et précisément écrit, je suis attirée par la façon dont les intentions du compositeurs sont clairement transcrites, tout en permettant une flexibilité de timbre et dans l’usage du silence.”

Note d’intention 1ère Epreuve

Ce programme suit un développement depuis la virtuosité Romantique vers la réflexion sonore contemporaine. Les études de Scriabine et Szymanowski combinent la brillance technique avec l’intensité expressive, ouvrant un dialogue entre tradition et innovation. Goyesca de Granados étend cet espace à travers la richesse harmonique, le geste narratif et une vive couleur.  Zwanzig Skizzen de Nemtsov et Bewegungen de Staud réinterprètent davantage le geste pianistique sous une forme fragmentée et modernisée. Le résultat est un champ de tension entre émotion, élégance, vitalité rythmique et texture abstraite, un voyage qui mène d’une expression lyrique jusqu’à une présence musicale plus distillée et contemporaine.

Programme 1ère Epreuve

Sarah NemtsovZwanzig Skizzen (2005):
No. 1, 7, 8, 12, 13, 16, 17, 19, 20
Enrique GranadosGoyescas (1911):
No. 5 “ El amor y La Muerte”
Periklis SdravopoulosLance (2026),
André Chevillion – Yvonne Bonnaud Composition Prize
Karol SzymanowskiEtude Op. 4 (1900-1902):
No. 1
Johannes Maria StaudBewegungen (1996)
Alexander ScriabinEtude Op. 8 (1895):
No. 10

Redécouvrez la vidéo de sa 1ère Epreuve

Note d’intention 2e Epreuve 

Dans cette deuxième épreuve, j’explore différentes approches du son, du temps et de la perception musicale. Paréidolie de Levinas déploie un paysage sonore d’une grande richesse, façonné par le jeu des résonances et des transformations de timbre. Intermittences de Carter fragmente la continuité musicale à travers des gestes fugitifs et des perspectives temporelles changeantes. Cordes à vide de Ligeti associe virtuosité et invention harmonique et rythmique, tandis que ….sofferte onde serene… de Nono crée un univers immersif où la mémoire, l’espace et l’écoute elle-même deviennent les véritables protagonistes. Ensemble, ces œuvres offrent des visions contrastées mais complémentaires de l’expression musicale contemporaine.

Programme 2e Epreuve

Michaël Levinas, Paréidolie 
Elliott Carter, Two Thoughts About the Piano : Intermittences 
Prix Elliott Carter
György Ligeti, Études pour piano : Cordes à vide 
Luigi Nono, …sofferte onde serene… (pour piano et électronique)

Note d’intention Demi-Finale

La demi-finale explore différentes manières de transformer le son en signification. L’Alouette calandrelle de Messiaen associe une observation minutieuse de la nature à un langage rythmique et harmonique singulier. Reflets de Denisov crée un univers de miroirs mouvants, de couleurs subtiles et de délicates interactions sonores. La Sixième Sonate de Prokofiev conclut le programme par son intensité dramatique, ses contrastes saisissants et sa puissante énergie rythmique. Ensemble, ces œuvres dessinent un parcours allant de l’imaginaire sonore et de la contemplation poétique vers une expression humaine profonde, révélant toute la richesse et la diversité de la pensée musicale du XXᵉ siècle.

Programme Demi-Finale

Olivier Messiaen, Catalogue d’oiseaux : L’Alouette calandrelle 
Edison Denisov, Reflets 
Prix Edison Denisov
Sergueï Prokofiev, Sonate pour piano n° 6 en la majeur, op. 82 

Note d’intention Finale

La finale s’intéresse aux modes d’expression contemporains et à la continuité de la tradition musicale. Le Concerto conciso et les Mazurkas d’Adès réinventent des formes héritées du passé grâce à une logique rythmique inventive, à des gestes de danse transformés et à une virtuosité coloriste qui renouvelle les conventions musicales. La Sonata de Gervasoni propose une perspective contrastée : des fragments lyriques y sont constamment interrompus, répétés de manière mécanique puis progressivement accélérés, créant une tension singulière entre beauté expressive, ironie et absurdité. Cette finale offre une synthèse entre héritage historique et élargissement du langage sonore, témoignant d’une vision musicale ouverte et tournée vers l’avenir.

Programme Finale

Stefano Gervasoni, Sonata per pianoforte 
Thomas Adès, Mazurkas for Piano, op. 27 
Thomas Adès, Concerto conciso

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