Commande du 13e concours – 2018

Commande du Concours :

Titre : Au coeur de l’Oblique (pour piano seul)

La composition de l’oeuvre pour piano Au coeur de l’Oblique (2016) découle de la nécessité de mettre en question quelques-uns des principes les plus intimes et essentiels de ce que nous pourrions appeler  » l’architecture musicale  » au moyen d’un contact esthétique fort et direct avec l’œuvre d’un architecte si fondamental, utopique et inventeur de nouvelles formes que Claude Parent.
Le père du principe de la fonction oblique (avec Paul Virilio) déforme au travers de son architecture la sensation que nous éprouvons associés à la gravité. La force perpendiculaire de caractère électromagnétique que le plancher architectural exerce sur nous ne se limite plus à l’équilibre, mais la gravité exerce un effet dynamique qui nous propulse physiquement et spirituellement, en créant des tensions qui structurent une nouvelle perception/sentiment d’espace et de temps. En attestent, avec leur sol en pente, les différents projets qu’il avait réalisés tout en suivant ce principe, notamment le Centre commercial de Sens ou la chapelle de Sainte-Bernadette du Banlay de Nevers.
Les déséquilibres dans la nature ont propulsé l’évolution des formes de vie mais aussi des formes géologiques, et Claude Parent désirait ardemment contribuer à l’évolution et au dynamisme de la société humaine dans son ensemble, reconnectant indissolublement circulation et habitation, et réaccouplant harmoniquement la géologie et l’architecture.
Ainsi, dans Au coeur de l’Oblique, les mains du pianiste puisent l’énergie sonore directement des cordes de l’instrument, à la force de ses ongles, sa paume ou le bout des doigts, énergie qui peu à peu se déforme et se développe jusqu’à ses limites physiologiques au travers d’un langage hybride comprenant également le filtrage et la ré-articulation de ces sons au clavier.
La deuxième partie de l’œuvre s’inspire d’abord de la chapelle de Sainte-Bernadette du Banlay, avec sa sobriété quasi-totémique et son corps massif légèrement anthropomorphe inspiré des Bunkers de la Seconde Guerre Mondiale ; se joue ici un ralentissement de l’écoulement du temps associant cette fois les sons extraits directement des cordes à des accords massifs joués sur le clavier. Peu à peu, la structure musicale dérive, en accélération irrégulière, vers un langage pianistique ondulant et extrêmement fluide et virtuose, sans doute inspiré des mystérieux inclisites proposés par Parent et Virilio comme un futur paradigme d’habitacle oblique.
Au coeur de l’Oblique est une commande du Concours international de piano d’Orléans (OCI) 2018, avec le soutien de la Région Centre-Val de Loire et de la Fondation Francis et Mica Salabert. La partition est publiée par les Editions Durand/Universal Music Publishing Classical.

Note d’intention de Hèctor Parra
Commande d’Orléans Concours International pour le 13e Concours international de piano d’Orléans.

Visualise partiellement l’oeuvre :

Au coeur de l’Oblique d’Hector Parra interprété par Maroussia Gentet, lauréat d’Orléans Concours International 2018:

Description d’Hector Parra d’Au coeur de l’Oblique :

Compositeur à l’honneur : Hèctor Parra

Après ses études au Conservatoire Supérieur de Musique de Barcelone (Premiers Prix en Composition, Piano, Harmonie et Direction de Chœurs), il suit le Cursus de Composition et d’Informatique Musicale de l’Ircam puis se forme à Royaumont, au Centre Acanthes, à Takefu au Japon et à la Haute École de Musique de Genève auprès de Brian Ferneyhough, Jonathan Harvey, Michael Jarrell, Philippe Leroux et Philippe Manoury.

Dans ses nombreux projets scéniques et multidisciplinaires, il collabore avec des metteurs en scène tels que Calixto Bieito, Georges Lavaudant ou Vera Nemirova, des artistes plasticiens comme Matthew Ritchie, Rebecca Ringst et Jaume Plensa et des scientifiques tels que Lisa Randall ou Jean-Pierre Luminet.

Depuis la première mondiale à l’Opéra d’Anvers le 24 avril 2019 de son dernier opéra, Les Bienveillantes, d’après le roman éponyme de Jonathan Littell, sur un livret de Händl Klaus et mise en scène de Calixto Bieito, la presse internationale n’a eu de cesse de saluer l’événement : « L’opéra le plus important du 21ème siècle » La Vanguardia, « Une partition grandiose et stimulante » BRF Nachrichten, « Une musique très expressive, magistralement orchestrée » Neue Zurcher Zeitung, « Une partition colossale, d’une grande force dramatique » El Mundo, « Immensément puissant, extrêmement intelligent » Deutschlandfunk, « Une expérience limite » Crescendo Magazine.

Son opéra ‘Das geopferte Leben’, sur un livret originale de Marie NDiaye est écrit pour le Freiburger Barockorchester et l’ensemble recherche et crée lors de la Biennale de Munich 2014. Cet opéra est nommé par Opernwelt l’une des meilleures créations de l’année. Son opéra, ‘Wilde’ (2014-15), sur un livret de Händl Klaus, est crée avec grand succès au Festival de Schwetzingen 2015 : « Extraordinaire » Frankfurter Allgemeine Zeitung, « Un chef-d’oeuvre » Süddeutsche Zeitung, « Impresssionant » Mannheimer Morgen.

« Parmi ses derniers projets, ‘Inscape’, une oeuvre symphonique immersive pour l’Ensemble Intercontemporain, l’Ircam et l’Orchestre Nationale de Barcelone, l’Orchestre Philharmonique de Cologne et l’Orchestre National de Lille inspirée des théories cosmologiques du physicien Jean-Pierre Luminet.

Plusieurs prix sont décernés à ses œuvres : en 2017 le Prix National de Culture (Catalogne), en 2011 le Prix de Composition Ernst von Siemens, en 2009, le Prix Tendances par le journal El Mundo, en 2008 le prix Impuls (Klangfroum) de Graz, en 2007 le Earplay Donald Aird Memorial de San Francisco, en 2005, le prix Tremplin de l’Ircam et l’Ensemble Intercontemporain, et en 2002, le prix de Composition de l’Institut National de la Musique d’Espagne -INAEM.

Il reçoit de nombreuses commandes émanant d’institutions comme les Ministères de la Culture de la France et de l’Espagne, l’Ircam, l’Ensemble intercontemporain, l’Académie des arts de Berlin, le Théâtre des Bouffes du Nord, la Biennale d’Opéra de Munich, la WDR, la Philharmonie de Cologne, le Mécénat Musical Société Générale, Contrechamps ou le Klangforum Wien. Il développe en outre des relations privilégiées avec des interprètes comme l’Ensemble Intercontemporain (Quasikristall, Caressant l’horizon, Hypermusic Prologue, Te craindre en ton absence), l’Ensemble Recherche (Abîme, Early Life) qui lui consacrera un CD monographique (Kairos, 2008), ou le Quatuor Arditti (Stasis, Fragments on fragility, Leaves of reality).

Maroussia Gentet & Hector Parra © P.Montisci

On retrouve ses pièces au programme des festivals internationaux de Lucerne, Warsaw Autumn, Wien Modern, Donaueschingen, Witten, Philharmonie de Paris, Wien Konzerthaus, Tokyo Suntory Hall, Agora et Manifeste de l’Ircam, Ars Musica (Bruxelles), Musica (Strasbourg), Staatsoper Berlin, Opéra de Stuttgart, Gran Teatre del Liceu de Barcelone, San Sebastián, Traiettorie Parma, Steirischer Herbst de Graz, Muziekgebouw d’Amsterdam, Auditorio Nacional de Madrid et Auditori de Barcelone, Opera de Hoy et Musé Reina Sofía de Madrid, Festival International de Granada, Philharmonie Luxembourg, Zurich, Kings Place (Londres), Huddersfield, Guggenheim de New York…

Ses œuvres ont été jouées par de nombreux orchestres comme l’Ensemble Intercontemporain, Gürzenich Orchester Köln, la Tokyo Philharmonic, Radio-sinfonieorchester Stuttgart des SWR, Orquesta Nacional de España, le Freiburger Barockorchester, Concerto Köln, Klangforum Wien, Brussels Philharmonic, l’Orchestre Philharmonique de Liège, Orchestre National de Barcelone, Orchestre National de Île de France ou le Holland Symfonia dirigés par David Afkham, Michail Jurowski, Kazushi Ono, Emilio Pomárico, Clement Power, Enno Poppe, Jérémie Rhorer, Pascal Rophé, François-Xavier Roth, Peter Rundel, Lorenzo Viotti et Lothar Zagrosek parmi d’autres.

Après une période de pratique active des arts plastiques (il a travaillé dans l’atelier de Francesc Miñarro à Barcelone) et de fascination pour la peinture, et notamment pour l’œuvre de El Greco et de Cézanne, dont il a cherché à rendre la texture picturale, Hèctor Parra se tourne pour son inspiration vers la physique théorique et la biologie évolutive, avec son opéra Hypermusic Prologue sur un livret de la physicienne Lisa Randall, créé en 2009 par l’Ensemble Intercontemporain dans le cadre du festival Agora de l’Ircam (Kairos, collection Sirènes, CD 0013042KAI, 2010), Stress Tensor, Mineral Life, Caressant l’Horizon et InFALL.

Ses œuvres sont publiées par Durand Editions Musicales –Universal Music Publishing Classical (Paris) et jusqu’à 2010, par Tritó Edicions (Barcelone). Depuis 2002 Hèctor Parra habite à Paris et il a été professeur de composition au Cursus de l’Ircam-Centre Pompidou de 2013 à 2017. »

Source : site web d’Hector Parra

SUIVRE HECTOR PARRA :
        

 

 

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